La mort est cynique. Elle touche l'amoureux éperdu la veille de son mariage avec la femme qu'il avait attendu toute sa vie.
La mort est ironique. Elle arrête en plein vol le coeur du chansonnier qui voyait enfin poindre le succès.
La mort est vicieuse. Elle assassine la jolie fille au sourire éclatant, aux longs cheveux bruns et au prénom de princesse russe, un après-midi d'école. Elle tombe sous les balles d'un tireur qui, lui, n'avait rien, mais vraiment rien d'un prince.
La mort est ratoureuse. Elle fait s'écraser l'avion du boxeur venu rejoindre la femme qu'il aimait et qui lui faisait voir la vie en rose.
La mort est moche. Elle prend d'un seul coup le père, la mère, les frères et les soeurs d'un jeune Rwandais terrorisé caché derrière le canapé miteux du salon familial.
La mort est absurde. Un dimanche après-midi, elle rend un enfant orphelin en faisant s'écrouler un viaduc sur son père et sa mère qui ne faisaient que passer par là.
La mort est dégueulasse. Elle tue l'enfant dans le ventre de sa mère, qui accouchera d'un bébé bleu et ne s'en remettra jamais tout à fait.
Et parfois, mais si rarement, la mort est douce et enlève son dernier soupir à un homme ayant eu une vie bien remplie, entourée des gens qu'il a aimés et qui l'ont aimé. Parfois, mais si rarement, la mort vient quand on l'appelle. ( ou pas )
C'ETAIT TROP TOT.